Banque vs Crypto : lorsque l’un devient la préhistoire de l’autre

L’utilité des cryptomonnaies

Les débats sur les cryptomonnaies continuent d’agiter le monde de la fintech. L’annonce de l’adoption par le Salvador du Bitcoin a fait couler beaucoup d’encre (numérique), et il n’en a pas fallu plus pour relancer l’éternel débat sur l’utilité des cryptomonnaies .

Valeur refuge ? Or digital ou produit purement spéculatif ? Ces questions sont essentiellement liées au Bitcoin, la première cryptomonnaie, créée en 2008, qui a connu un succès fracassant après plusieurs tentatives ratées (Digicash, par exemple). Le Bitcoin a su s’imposer par rapport aux autres tentatives car il règle un problème fondamental : éviter la double dépense.

Le problème de la double dépense

En résumé, la technologie derrière le Bitcoin permet d’avoir la certitude que les mêmes unités d’une cryptomonnaie ne peuvent être dépensées deux fois.

Auparavant, lorsqu’on envoyait un fichier à quelqu’un, il s’agissait d’une copie de ce fichier.

L’expéditeur du fichier envoyait une copie du fichier au destinataire et ce fichier était alors détenu par deux personnes.

La technologie derrière le bitcoin a notamment permis de s’assurer, grâce au système décentralisé qu’est une blockchain, que l’expéditeur n’avait plus le fichier sur son ordinateur lorsqu’il l’envoyait au destinataire.

Une image vaut parfois mieux qu’un long discours :

Cette innovation majeure a vu naître des milliers de cryptomonnaies (altcoins, par opposition au Bitcoin) qui ont développé des propriétés spécifiques dans une multitude de domaines.

Une transaction banale en apparence

Le 2 juillet 2021, 600.000 ETH, le jeton de la blockchain ethereum, ont été transférés.

A priori, rien d’extravagant pour les néophytes.

Cependant, à y regarder de plus près, la valeur de ces 600.000 jetons représentait, au moment du transfert, un montant de 1.279.002.000 $.

Le transfert a duré à peine une minute, ce qui est déjà une prouesse par rapport au système bancaire traditionnel.

Mais le plus étonnant, c’est le coût de la transaction : 0,63 $ ! (voir la transaction sur Etherscan)

Conclusion

La blockchain Ethereum a permis de transférer plus d’1 milliard $ pour moins d’1 $ de frais. Comme Alexandre Stachtchenko, nous pensons qu’il s’agit d’une révolution, et il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre les prouesses que propose cette technologie.

Ne tombons pas non plus dans la démagogie : des adaptations doivent être envisagées pour protéger les consommateurs de certains risques et/ou abus, mais cette situation démontre, sans équivoque, les potentiels de la technologie blockchain.

En Belgique, nous venons d’apprendre que pour retirer de l’argent de son propre compte bancaire, il faudra payer des frais. Dernièrement, un taux d’intérêt négatif était annoncé sur les comptes bancaires au-delà de 250.000 €. À bon entendeur !

About the author

Je suis avocat au barreau de Liège-Huy, titulaire d'un master en droit fiscal et la blockchain me passionne. J'étudie de près les questions relatives à la fiscalité des cryptomonnaies et aux usages qui en sont liés (mining, staking, farming...) ainsi que les aspects juridiques relatifs à la blockchain.

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